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Digidossier – Rétrospective des films Digimon

Puisque le premier film de Tri va bientôt sortir au Japon, profitons-en pour nous pencher de plus près sur le différents films Digimon sortis jusque là. Sont-ils tous bons ? Exceptionnels ? Répondons à ces questions au travers de ce dossier.

Introduction
I.     Digimon Adventure
II.   Notre jeu de guerre
III.  Hurricane touchdown ! Supreme évolution ! Golden Digimental !
IV.   La revanche de Diablomon
V.     La bataille des aventuriers
VI.    Bôsô Digimon Tokkyû
VII.   Ornismon, la renaissance des anciens digimon
VIII. Digimon X-évolution
IX.   Le pouvoir Ultime ! Activation du mode Burst !
X.      Danger imminent au Digital World
XI.    Le grand prix Digimon
Conclusion

Ce dossier a été écrit par Emilie et tout son contenu reflète avant tout les opinions de son auteur.

I.  Digimon Adventure :

Au Japon, ce film a été la toute première chose de la licence que les gens ont pu découvrir. Sorti la veille de la diffusion du premier épisode de la première saison, ce film a été un formidable tremplin publicitaire pour la série. Est-ce que cela a fonctionné ? Eh bien, sachant que cette série, censée ne compter originellement que treize épisodes, a connu un record du taux d’audience, j’affirme que leur plan marketing a été brillant. D’ailleurs, on en reparlera plusieurs fois au long de ce dossier mais je considère personnellement les gens du service promo de la Toei comme des génies.

Digimon_Movie_1Mais, à présent, si on ne considère que la valeur même du film ou de son intérêt vis-à-vis de la saison à laquelle il est rattaché, pour ma part, je le trouve faible.

Première raison : Il n’est qu’un rappel de ce qui a été mentionné lors des épisodes vingt-neuf et quarante-cinq. Tout ce qui a lieu dans ce film, nous le savons déjà en ayant regardé la saison. Par conséquent, à aucun moment, nous, le public occidental, ne pourrons être surpris. En caricaturant un peu mes propos, il serait presque possible dire minute par minute ce qui va arriver dans la scène suivante.

Seconde raison : le traitement des adultes est bâclée. C’est le point qui me chiffonne le plus car la plupart des saisons Digimon se sont toujours appliqués à créer des rôles utiles aux parents des héros. D’accord, ils ne font pas grand chose, n’aident en rien à l’action mais à leur manière, ils font quelque chose. Or, dans ce film, ils sont totalement mis à l’écart sans aucune bonne explication. Pire : les parents de Taichi et Hikari y sont décrits comme des parents négligents. Rappelez-vous que la mère laisse son fils de six ans s’occuper d’une petite de trois ans puis sort tranquillement faire ses courses ! Et le gamin se sert seul du gaz pour cuisiner des œufs ! Alors, au Japon, on valorise certes l’autonomie des enfants et l’apprentissage des responsabilités mais il y a très clairement exagération dans ce film ! Confiez un œuf, une poêle et une gazinière à votre cousin de six ans, vous aurez sûrement plus de chances d’avoir un incendie à la maison qu’une délicieuse omelette ! Je ne veux pas revenir non plus sur le moment où Taichi sort en pleine nuit de l’appartement et tout ce que la mère fait c’est demander « Taichi, où vas-tu ? » Il semblerait plutôt logique qu’elle court le chercher… Je passerai aussi le fait que le père soit apparemment alcoolique dans ce film… Vraiment, dans ce film, les parents Yagami sont les pires parents du monde ! Après, je comprends pourquoi ils ont été traités ainsi : pour isoler les enfants et que ceux-ci soient forcés de se débrouiller. Néanmoins, je trouve les moyens utilisés peu réalistes et font ainsi perdre son crédit au film. Les scènes avec les parents sont davantage parodiques que crédibles. Dommage pour une licence qui se veut réaliste. Par ailleurs, dans Adventure et Zero Two, Yagami Susumu et Yuuko sont devenus d’excellents parents, à la fois soucieux, attentionnés et aimants pour les enfants. Du coup, le décalage entre leurs personnalités dans la série avec celles de ce film se révèle encore plus embarrassant.

Troisième raison : cela rejoint un point évoqué précédemment : nous ne savons toujours rien de l’origine des événements. Pourquoi un portail s’est ouvert sur l’ordinateur des Yagami ? Pourquoi un digitama est sorti devant Hikari ? Qu’a t-elle donc de si spécial ? Ce Koromon est-il le partenaire de Taichi ou un autre oOromon ? Pourquoi Parrotmon était-il lui aussi au monde réel ? Trop de questions demeurent mystérieuses. Cette absence de réponse dans le film n’est toutefois pas un défaut du film. Au contraire, il a été construit pour être un prologue à la série. Or, un prologue ne doit justement ne donner aucune réponse mais des interrogations. C’est la série, elle, qui ne nous a fourni aucune réponse. Dans le Drama CD La pause de deux ans et demi, Kôshirô mentionne l’incident de Hikarigaoka et précise que les faits se sont déroulés en 1995 mais regrette ne rien savoir davantage. Mon hypothèse favorite serait que cet incident a été causé par les premiers Enfants Élus dont on entend parler par Gennai vers la toute fin de la première saison. Ce serait l’explication la plus logique. Malheureusement, tous les mystères de ce film ne seront jamais résolus, à moins que Tri ne se décide à nous livrer enfin ces réponses.

Néanmoins, ces critiques ne visent pas à démolir ce film. Au contraire, il demeure sympathique et nostalgique. L’histoire racontée est mignonne bien que très simpliste. Cela reste toutefois une conséquence naturelle d’avoir des protagonistes aussi jeunes. Avec une petite de trois ans et un gamin de six ans, il était impossible d’écrire un scénario plus riche et une psychologie plus recherchée. La musique utilisée, celle du Boléro, composée par Maurice Ravel, donne une ambiance géniale. A la fois mystérieuse et envoûtante. Seul l’humour pêche un peu. Les blagues avec les crottes de Koromon passent assez mal pour moi. Après, peut-être est-ce parce que je suis maintenant adulte et ce type d’humour correspond davantage pour de jeunes enfants

Par conséquent, même si ce premier film possède un certain nombre de défauts, il n’est pas mauvais. Au contraire, ses scènes, en particulier celles d’action, sont très bien réalisées et le mystère continue de planer à la fin du film. Je pense cependant que son principal défaut se résume donc au fait de le voir après la fin de la première saison au lieu de découvrir l’univers avec comme les japonais ont pu le faire quinze ans plus tôt.

note : 6/10

II.   Notre jeu de guerre :

A présent, attaquons-nous à quelque chose de plus sérieux : le second film Digimon. Très souvent considéré, à raison, comme l’un des meilleurs de la licence, comporte t-il cependant des défauts ? Est-il assez bon pour être déclaré parfait ?

En toute honnêteté, le film est exceptionnellement bon. On y retrouve toute l’ambiance de la série, le charme des personnages et le tout saupoudré d’un suspense intenable. La recette est parfaite. Il n’y a qu’un seul défaut : le temps.

Quarante minutes pour raconter un film avec une intrigue aussi dense, c’est beaucoup trop peu. Il aimage001urait fallu une heure de plus pour approfondir tout ce qui n’a été que suggéré. Je pense notamment à la relation entre Taichi et Sora qui aurait gagné en étant davantage travaillé plutôt que se contenter de micro-scènes. Il y a aussi le fait d’avoir recours à un casting peu abondant qui est dommageable. Deux bonnes idées cependant : exclure Jô et Hikari. Montrer que Jô passe un examen d’entrée au collège souligne le passage du temps depuis la fin de la saison un et ceci est donc un élément très important. Quant à Hikari, j’aime le fait qu’elle se montre égoïste en refusant de donner une mauvaise image d’elle à ses amies, ne voulant pas ainsi hypothéquer sa vie sociale, pour rentrer et aider ses amis à combattre Diablomon. Par contre, les autres… Je pense qu’il y avait moyen de mieux les utiliser. Du moins si on avait eu davantage de temps… Avec un peu plus de temps, Taichi aurait très bien pu se précipiter pour trouver Sora et la persuader de venir. Après tout, Sora est une fille consciencieuse et pour sauver le monde, elle serait venue. Cela aurait généré des tensions avec Taichi et cela aurait été intéressant à suivre. Quant à Mimi… Eh bien, elle se trouve à Hawai, non ? C’est une bonne idée de l’éloigner et d’isoler Taichi et Kôshirô dans un premier temps mais il était sans doute possible de trouver un moyen de la contacter ensuite. Yamato et Takeru ont su trouver un ordinateur connecté à Internet dans ce qui est l’équivalent japonais d’une cambrousse africaine alors Mimi pouvait aisément en trouver un elle aussi à Hawaii. Malheureusement, avec le temps imposé, le réalisateur a été obligé de se contenter du strict minimum. Dommage.

Puisque j’évoque la question du réalisateur, à savoir Hosada Mamoru, on va rebondir sur l’excellent dossier écrit par Demi dont je vous recommande la lecture si ce n’est pas encore fait. Personnellement, je considère que Notre jeu de guerre a été un brouillon préparatoire pour Hosada Mamoru. Il a utilisé le film pour créer les prémices de ce qui deviendra plus tard le magnifique Summer Wars, un film, contrairement à ce second film, où il a eu absolument tous les droits pour développer le contenu.

Malgré ma critique qui peut sembler sévère au premier abord, ce second film reste néanmoins un excellent film et il est incontestablement l’un des meilleurs de la licence. L’intrigue est originale et bien exploitée, même si celle-ci mériterait un meilleur traitement, la musique est exceptionnelle et le graphisme, notamment celui du Net, est juste magique.

Bref, un excellent cru !

Note : 8/10

III.  Digimon Hurricane ! L’évolution suprême ! Les Digimentals d’or ! :

Le troisième film est souvent décrié par les Digifans et considéré comme quelque chose de bizarre ou mauvais. Mmérite t-il réellement une aussi mauvaise réputation ? Étudions donc cela :

En premier lieu, parlons du graphisme. C’est moche. En fait, c’est surtout les couleurs. Elles me semblent souvent trop lumineuses soit, à certains moments légèrement floues. Le pire est pour moi le design de Terriermon, surtout son jaune qui me parait trop criard.

image001Poursuivons par les personnages de Wallace et Terriermon, censés être le cœur du film, qui sont faibles et inconsistants. Tout le long du film, on a du mal à comprendre la raison des agissements de Wallace. D’accord, c’est là pour le suspense mais on ne ressent aucune véritable émotion de leurs scènes. Même confronté à Wendigomon, Wallace ne dégage rien. C’est pourtant une scène clé. Mais non ! La relation de Wallace et Terriermon elle-même est incompréhensible. Durant la première moitié, j’ai personnellement eu l’impression que Wallace ne le supportait pas vu qu’il lui parle assez mal. C’est assez bizarre. Je sais que le développement de la personnalité d’un digimon n’est pas un point fort pour Adventure ou Zero Two. Mais quand même ! Là, Terriermon n’en a aucune. J’ai simplement l’impression qu’il n’a été crée que pour être une mascotte mignonne. Or, ça, cela fonctionne avec le Terriermon de Tamers car il possède une véritable personnalité, a sa catchphrase géniale (momentai !), sait être mignon, attachant, énervant… Mais le Terriermon de ce film est juste terne et ennuyeux.

D’un point de vue personnel, je trouve que Hideaki et Makoto, qui sont pour moi les pires personnages crées par Hunters, sont finalement plus intéressants que les personnages de Wallace et Terriermon.

Puisque nous avons commencé à évoquer le problème des personnages, continuons ! Une des spécialités de la licence, c’est l’intelligence avec laquelle sont décrites les relations entre les personnages, la psychologie de chacun et leurs évolutions. Oubliez tout ça dans ce film ! A aucun moment, les personnages ne sont correctement développés. On a même du mal à retrouver leur véritable personnalité. Par exemple, au début, quand les enfants font de l’auto-stop, Iori tend une pancarte « with monsters ». Sérieusement, lui si intelligent a une idée aussi stupide ! Toujours pour Iori, vers la fin, lors de la bataille, il se plaint de l’apparence de Digmon. Oui, Iori fait une telle réflexion. Je passerai aussi sur le fait que Hikari puisse dans ce film sentir la présence de digimon et dire les émotions qui les animent… Je sais qu’elle est spéciale mais là son pouvoir s’oriente davantage à de la sorcellerie ! En plus, rien n’est pas expliqué. Autrement, Takeru et Miyako sont fidèles à eux-mêmes mais ils ne servent à rien, sauf à geindre dans le cas de Miyako.

Et Daisuke ? Eh bien, wow, il est gratiné ! La première partie du film, alors que Hikari les fait venir aux États-Unis, il ne pense pas au digimon qui est apparu mais à retrouver Hikari ! OK, je sais qu’il est amoureux d’elle mais Daisuke est aussi un garçon qui pense aux autres, qui veut protéger les autres du danger. Il devrait donc songer au digimon et au péril qu’il représente ! Mais là, durant toute la première partie, sa seule phrase se résume à « revoir à Hikari-chan » ou « parler à Hikari-chan ». C’est bien de le faire penser à Hikari, il est amoureux, c’est normal mais que toutes ses pensées soient monopolisées dessus en situation de crise, non ! En plus, après, quand Wallace avoue son secret, Daisuke pleure et déclare qu’il pourra jamais détruire le partenaire de son nouvel ami. Sauf que… sauf que Daisuke a déjà affronté cette situation avec Metalgreymon contrôlé par le Digimon Kaiser et a tiré la leçon qu’il faut parfois savoir se battre contre ses amis si cela est nécessaire. Le film a totalement nié ce que Daisuke est devenu au cours de la saison deux.

Nous pointons ici le gros problème de ce film : il ne tient absolument pas compte des événements de Zero Two. L’action se déroule lors des vacances d’été, donc forcément après la victoire des Enfants Élus sur le Digimon Kaiser, soit entre les épisodes 21 et 22. Pourquoi suis-je aussi précise ? Eh bien, pensez-vous que les enfants pourraient sécher l’école en toute impunité et prendre l’avion pour un autre pays ? Ce serait assez improbable. Ensuite, la série a montré que le début des vacances d’été a été consacré à la défaite du Digimon Kaiser. Par conséquent, chronologiquement parlant, ce film ne peut que se dérouler qu’à la moitié de la saison deux. Pourtant, tous nos héros s’y comportent tels qu’ils étaient à son début. Pire :  Tailmon peut évoluer en Angewomon. Or, sans son Holy Ring ou la sphère de Quilongmon, c’est impossible. Je n’évoquerai même pas l’évolution de Patamon et Tailmon au niveau Ultime sans qu’aucune explication ne soit donnée alors qu’ils en ont toujours été incapables.

Voici le second problème : lors de la bataille, rien n’est naturel. Tout ce qui se produit n’arrive pas par logique ou n’est pas finement amené. Cela se résume uniquement à du Deux Ex Machina : quatre digimon Enfant mettent à terre Cherubimon, Takeru et Hikari arrivent pile au bon moment pour sauver leurs amis, Seraphimon et Magnadramon apparaissent sans explication, Daisuke et Wallace reçoivent chacun un Digimental sans aucune bonne raison… Toute cette bataille, qui aurait pu être intense, formidable, perd ainsi toute crédibilité.

Autre problème : la première partie est absolument ennuyeuse. On ne fait que suivre les héros dans un road-trip qui ne sert à rien. Sérieusement, pouvez-vous me dire l’intérêt du voyage ? Ils savent qu’ils doivent aller à Summer Memory alors pourquoi ne prennent-ils pas directement l’avion de New York pour aller au plus près de leur destination ? C’est déjà plus logique, non ? Si un québécois débarque à Paris et doit aller près de Bordeaux, vous l’imaginez vraiment faire du stop tout le long du chemin ? C’est idiot ! D’ailleurs, toujours au sujet du voyage, il s’est glissé une légère incohérence : comment Daisuke, Miyako et Iori ont-ils quitté le Japon ? Pour quitter son pays, il faut un passeport. Passeport qui s’acquiert en deux semaines. Au minimum. C’est un petit détail, certes, mais Digimon a toujours traité les questions du monde réel avec beaucoup de réalisme. Du coup, c’est assez dommage de ne pas avoir montré comment les enfants quittent le pays.

Néanmoins, j’aime beaucoup l’idée d’un road-trip mais elle n’est pas correctement exploitée ici. Si cela aurait une sorte de chasse au digimon, sans réel but, ça aurait collé. Si on avait appris qu’ils ont perdu leurs économies ou que l’un d’eux a égaré son passeport, prendre l’avion aurait été impossible et ça aurait aussi collé. Mais là, comme le road-trip est présenté, il est inutile. En plus, les différentes étapes ne servent à rien, sauf au remplissage.

Une dernière chose : la bande-son. D’ordinaire, la musique de Digimon est exceptionnelle mais ici c’est une musique country qui renforce pour moi le côté bizarre du film.

Je reconnais être particulièrement sévère dans mon jugement mais je déclare également que le film n’est pas foncièrement mauvais. Tout le long, on constate que le film fait des efforts : il a une intrigue intéressante, pas mal de mystères, un changement de décor total, un road-trip… Il y a d’excellentes idées mais c’est seulement l’assemblage qui a été mauvais. Le gros défaut du film est pour moi d’être sorti début Juillet, c’est à dire beaucoup trop tôt. L’épisode quatorze de Zero Two venait juste d’être diffusé. La sagesse aurait été d’attendre la fin de la partie Kaiser pour sortir ce film et avoir ainsi plus de matériel pour travailler. Apparemment, les génies du service promo avaient dû poser des vacances lors de la production de ce film…

note : 4/10

IV.   La revanche de Diablomon :

Ce quatrième film est en quelque sorte une suite au second film. Ce dernier avait été excellent et encensé encore aujourd’hui comme le meilleur film Digimon. Ce quatrième film bat-il le second film ? Est-il aussi bon ? Meilleur ? Moins bon ? Voyons cela de plus près.

Ce film ne dure exactement que trente minutes. C’est une durée très courte pour exploiter une bonne intrigue. Néanmoins, elle tient parfaitement en ces trente minutes. Elle est parfaitement développée et chaque personnage est employé de manière très intelligente. image001

Contrairement au second film qui avait ouvert des intrigues secondaires, notamment celle de Taichi et Sora, on ne se concentre ici que sur une seule intrigue. Nous avons aussi le droit à un casting complet. Certes, on a l’impression que certains personnages ne servent à rien. C’est inexact. D’accord, Sora est loin de Tokyo et n’aide en rien aux événements. Cependant, son éloignement a pour but de montrer dans une scène les trains qui ne fonctionnent plus et l’empêche ainsi de rejoindre ses amis. Miyako a l’air de ne rien faire ? Faux. Lors de la chasse aux Kuramon dans les débuts du film, elle participe activement. C’est juste que le temps ne permet pas de le montrer : le réalisateur se focalise sur l’essentiel et laisse soin au spectateur d’imaginer Miyako et Hikari en train de chercher les Kuramon. Mimi ? Eh bien, elle vit à New York. Il est donc évidemment qu’elle ne peut pas à être là avant plusieurs heures. Cependant, son arrivée a le mérite de révéler chez Kôshirô une expression embarrassée qui rappelle leur relation de la saison un et illustre ainsi que notre informaticien favori n’a guère changé. Jô ? Comme dans le film deux où il passait un examen d’entrée au collège, il doit s’inscrire au lycée, ce qui permet à nouveau de mesurer combien nos chers héros grandissent. Il n’est pas non plus si inutile. Après tout, c’est lui qui fournit le moyen de transport permettant à Daisuke et Ken de rejoindre la baie de Tokyo.

En résumé, même si on aperçoit que très peu certains personnages, tous ont un rôle à jouer et sont bien exploités en dépit de ce temps qui contraint à raccourcir toutes les scènes. C’est en tous les cas, un procédé d’écriture brillant !

Le graphisme est parfait lui aussi. D’ailleurs, notez que le Net a évolué depuis le second film et le lieu de la bataille contre Diablomon ressemble étrangement au Net de Summer Wars, ne trouvez-vous pas ? La musique est dantesque et s’adapte magistralement aux différentes scènes.

Je ne vois pas quoi ajouter de plus. Ce film est nettement un petit chef-d’œuvre et je n’arrive pas à y déceler un petit défaut. En fait, le seul reproche que l’on pourrait lui faire c’est d’être beaucoup trop court. On aimerait, par exemple, voir la chasse aux Kuramon ou la bataille contre Diablomon un peu plus développée ou donner un peu plus de relations entre les personnages. Néanmoins, ceci n’est pas réellement un problème du film. C’est un problème au niveau du cahier des charges de la Toei. Par conséquent, si on veut blâmer cette durée trop courte, blâmons la Toei, pas le film.

note : 9/10

V.   La bataille des aventuriers :

Le cinquième film Digimon n’est ni le plus connu ni le plus cité. Il a même tendance à être, en quelque sorte, boudé au profit du deuxième et quatrième film. Est-ce une chose normale ? Ou perd t-on quelque chose à ignorer ce film ?

image002D’abord, ce film déplace l’action vers Okinawa et Tokyo n’y occupe un rôle que minoritaire. Jusqu’à présent, tous les films, exception faite du septième film pour une raison évidente, se sont déroulés à Tokyo. Le troisième film aurait pu changer la donner mais nous avons déjà étudié au préalable que celui-ci n’a pas su tirer parti du road-trip qu’il a tenté de mettre en avant. Pr conséquent, je le mets de côté. Au contraire, ici, l’ile d’Okinawa est très bien utilisée. Nous apercevons les paysages de bord de mer, le temple, l’arrivée en avion, la plongée en mer… Le décor a été exploité au maximum de ses capacités.

Ensuite, ce film a eu l’intelligence de développer son propre casting. A l’exception de nos héros, à savoir Takato, Jen et Ruki, tous les autres personnages ont été spécialement crée pour ce film. Ils sont en plus magnifiquement développés. Kai est un garçon espiègle, moqueur, volontaire et brave mais pas agaçant. Minami est fille perdue qui essaie d’être forte malgré tout. Sa scène avec Takato est probablement l’une des meilleures du film. Il y a aussi Wataru, le grand-père de Kai, qui est un adulte utile. Il a la volonté de combattre un digimon pour protéger des enfants ! Il sait aussi être attentionné et on sent l’affection qui le lie à Kai. Il y a aussi, bien sur, le père de Minami et Shiisamon/Labramon, personnages clés de l’intrigue.

Par ces deux points, nous voyons déjà à quelle mesure ce film est original. Changement de lieu et nouveau casting. Le tout formidablement exploité. Un véritable travail d’orfèvre.

Le thème des V-Pets est sympathique et compatible avec la série. L’intrigue est prenante. Si, au début, le film prend du temps à s’installer, cela reste tout à fait dans l’esprit assez tranquille de la série. Ainsi, le commencement est amusant et tendre puis s’accélère mais sans que ce ne soit pas brusque pour atteindre un peu plus violemment le point de non-retour. L’écriture et le découpage des scènes sont parfaites.

Nous avons également une apparition d’Omegamon qui établit un lien entre Adventure et Tamers. Notons que celui-ci n’est pas capable d’interagir directement avec l’univers des Tamers : il ne peut que transporter Jen et Ruki et non combattre lui-même Mephistomon. Ce film est donc une preuve manifeste que les différentes saisons sont en quelque sorte reliées les unes autres mais que chacune se déroule dans son propre univers dont les protagonistes, sauf exception, ne peuvent sortir.

D’autres choses que j’ai aimé du film : la scène où les parents de Takato parlent du départ de leur fils. C’est cocasse de voir le père inquiet et la mère sereine. Cela donne un effet miroir par rapport à la scène de l’épisode vingt-quatre où le père écoutera posément Takato et accepte de le laisser partir alors que sa mère est presque hystérique. Est-ce une incohérence ? Non, juste une belle référence et un maniement parfait de la psychologie. En effet, laisser son fils de dix ans partir seul rejoindre son cousin n’est pas un problème. Au contraire, on lui apprend ainsi l’autonomie et le sens des responsabilité. Alors qu’apprendre que son enfant part dans un monde inconnu peuplé de dangereuses créatures… Hum… vous voyez la différence, non ? J’ai aimé aussi la petite scène de Shaochung qui râle d’être seule, proche du sentiment qu’elle éprouvera plus tard quand son frère partira au Digital World en emmenant Terriermon ou la discussion de Jiang-yu avec son fils. Tous ces moments, qui rappellent la série, sont des idées géniales et bien insérées.

Le seul élément de la série qui n’apparaisse pas, c’est Yamaki. Est-ce un défaut ? Non. Pourquoi ? Parce que le film est parfait sous cette forme et montrer Yamaki n’aurait servi à rien. A ce stade de l’histoire, Yamaki n’est l’allié ni de Jiang-yu ni des Tamers. Il n’est qu’un antagoniste qui se bat pour ses propres convictions. Les images l’auraient donc montré au Tochuu à commenter ce qui arrive… Bof, pas terrible. En plus, il est probable que les Petitmamon aient attaqué le système Hypnos en premier, ce qui serait même assez logique. Dans ce cas, le pauvre Yamaki a dû passer le film à se cogner la tête contre un mur puis à remonter ses manches pour réparer !

En bonus personnel, ce film se déroule dans un univers aquatique, ce qui à mes yeux donnent une valeur supplémentaire à ce film.
En toute conclusion, il s’agit là d’un film parfait. Les cinquante minutes lui permettent d’exprimer tout son potentiel mais sans jamais tomber à aucun moment dans une scène de remplissage.

Autre détail qui renforce la valeur de ce film : il est sorti le 14 Juillet 2001, soit peu après la diffusion de l’épisode quatorze de Tamers. Vous vous rappelez ce que je disais pour le film trois ? Que sortir un film en pleine saison était une erreur ? Eh bien, oubliez ça ! En effet, chronologiquement, ce film se déroule entre les épisodes dix-huit et dix-neuf. Or, ce film exploite à merveille la psychologie de Takato tel que celui-ci apparaitra après l’épisode quatorze. La meilleure preuve, incontestablement, que ce film a été produit avec une formidable conscience professionnelle.

note : 10/10

VI.   Bôsô Digimon Tokkyû :

Le sixième film et second film de Tamers est assez connu et réputé pour être un bon film. Moi-même, autrefois, je l’aimais beaucoup. Puis, j’ai découvert la série… Pourquoi cela a t-il suscité en moi un revirement total ? Laissez-moi vous en conter les raisons.image002

D’abord, le premier point, sur lequel nous tombons tous d’accord, c’est que ce film ne tient pas compte de la chronologie de Tamers. En effet, à la fin de la saison, les digimon retournent au Digital World et Takato trouve un portail mais on ignore si les digimon sont bien revenus par là ou non. Le Drama CD apprend que non. Il mentionne même que plus d’un an s’est écoulé depuis le départ des digimon et que la Zone trouvée par Takato a probablement disparu. Par conséquent, si les digimon sont présent, nos héros devraient avoir au minimum douze ans. Sauf qu’ils ont l’air d’avoir toujours dix ans.

En fait, la raison à toutes les incohérences dont je vais vous parler est simple. Le film est sorti le 2 Mars 2002, soit entre les épisodes quarante-six et quarante-sept. Rappelons aussi que l’épisode quarante-sept est celui où Ruki évoque sa situation familiale et une partie de son ressenti. C’est là tout le problème : le film aurait gagné à attendre la toute fin de la série et construire ainsi un film cohérent à tous points de vue.

Ceci étant précisé, continuons la critique :

En dépit d’avoir un graphisme plus que correct, un autre point m’agace : l’apparence des héros est identique à celle que tous arborent dans la série. Or, si vous prêtez attentivement aux détails dans les films, vous y découvrirez que chaque héros a toujours un vêtement différent. La seule exception est Ruki dans le cinquième film. Néanmoins, je la soupçonne d’avoir une réserve de jeans et de tee-shirts pour pouvoir porter tous les jours la même chose. Ça colle assez avec son personnage.

A présent, intéressons-nous au contenu. Je salue l’initiative de se pencher sur le passé de Ruki et notamment sa relation avec son père. Ou plutôt son absence de relation. Cependant, le traitement de la personnalité de Ruki a été horrible. Ruki a évolué tout le long de la série. A partir de son voyage au Digital World, on la voit de plus en plus dégoûtée par l’idée de combattre. Elle verbalise cette émotion dans le Drama CD « Ces combats où je mettais ma vie en jeu, je ne veux plus y participer. » et déclare chercher une autre activité pour laquelle elle serait douée. Or, nous la voyons se précipiter vers Locomon sans aucune réflexion, comme au tout début de la série. Ceci est une négation de l’évolution sa personnalité. Après, elle a un fort sens du devoir et a acquis un goût pour protéger les faibles. Par conséquent, il aurait été plus judicieux de la montrer soucieuse de protéger des innocents mais d’avoir à quelques moments une mine dégoûtée à l’idée de devoir encore se battre.

Autre chose qui ne correspond pas à l’évolution du personnage de Ruki : le dédain qu’elle manifeste pour Ryô quand Justimon apparaît. Certes, à leur rencontre au Digital World, elle ne le supportait pas et il l’horripilait. Or, depuis l’épisode trente-neuf, tous deux ont appris à communiquer ensemble et Ruki est plus ou moins devenue proche de Ryô même si sa fierté l’empêchera toujours de le reconnaître. Depuis, tous deux s’enquiquinent quand ils croisent mais savent se soutenir en cas de coups durs. Ainsi cette mine dédaigneuse est à nouveau une négation à l’évolution du personnage de Ruki.

Passons à présent au thème principal : le père de Ruki. Beaucoup disent que c’est ce qui donne son charme au film, que c’est ce qui le rend si bon. Je regrette de briser vos rêves mais pour moi l’utilisation du père de Ruki ne sert strictement à rien. En quoi est-elle réellement utile ? Que nous apprend t-elle ? Rien. Absolument rien. Dans l’épisode quarante-sept, Ruki explique que ses parents ont divorcé quand elle était petite mais qu’elle peut voir son père quand elle le désire, seulement, elle ajoute qu’elle ne le veut pas. Ce sont ses mots à elle. De là, comme pour tout enfant séparé de son père, nous pouvons déduire que son père lui manque. Pour un enfant, grandir sans son père ou sa mère demeure une grande source de souffrance. Par conséquent, cette scène de la balançoire, aussi magnifique soit-elle, ne sert à rien. Nous n’avons rien appris de plus au sujet de Ruki. Pourquoi ses parents ont divorcé ? Pourquoi refuse t-elle de voir son père ? Qui est son père ? Ses questions restent toujours sans réponse.

Il y a le personnage de Yamaki qui a été fidèlement exploité pour ce film mais pas complètement. En effet, s’il a été gardé le côté post épisode vingt-quatre où Yamaki a désormais foi en les Tamers et les soutient à 100%, son évolution n’a pas été montré. Dans ce film, il travaille seul avec Reika, exactement comme dans les vingt-trois premiers épisodes. Or, lors de son développement, Yamaki a admis cette phrase : « Je ne peux plus travailler seul à partir de maintenant. » Toute la seconde partie, il ne travaille plus seul d’ailleurs mais avec Jiang-yu et ses amis. Après, cette partie de son évolution n’est éventuellement pas la moins contradictoire à montrer. Étant donné la brièveté du film, ce n’est pas dur d’imaginer que Yamaki a discuté avant avec ses alliés ou a pris la décision seul d’intervenir devant l’urgence de la situation. Le réel souci dans ce film, c’est le faire apparaître avec son briquet. Or, depuis l’épisode quarante et un, moment où Yamaki mesure à quel point Jiang-yu et ses amis peuvent réaliser des miracles, il a posé son briquet sur une table et n’est plus vu à aucun instant avec. La symbolique est évidente. Elle traduit cette phrase : « Je ne peux plus travailler seul ». Or, dans ce film, donner son briquet à Yamaki revient à nier l’évolution de son personnage.

Également, j’ai trouvé que ce film était très centré TakatoxRuki, surtout du côté de Takato. Cela me dérange puisqu’à la fin de la série, Takato avoue ses sentiments pour Juri à deux reprises. D’ailleurs, l’une d’elles est même une déclaration puisqu’il en parle directement à Juri qui n’est malheureusement pas en état de répondre à ses sentiments. Après, à un jeune âge, l’évolution des sentiments est une chose complexe et il est assez fréquent qu’ils changent vite. Néanmoins, dans le cas du TakatoxJuri, tous deux ont vécu des événements plus que forts qui les lient l’un à l’autre. Par conséquent, il me paraît personnellement difficile d’imaginer Takato avec une autre fille si peu de temps après la crise du D-Reaper. Tout ceci reste cependant du domaine de l’interprétation mais le film reste cependant souvent cité comme preuve du TakatoxRuki, ce qui me semble pour ma part un peu trop précipité et ne prend pas en compte tout de leur relation. N’oublions pas aussi que ce film n’est pas une œuvre canonique.

En dépit de toutes ces remarques que j’ai pu apporter, le film reste très agréable à regarder. Il est cependant trop court et mériterait, comme beaucoup d’autres films Digimon, une durée plus longue pour approfondir les différents éléments abordés. Les incohérences peuvent gêner mais elles passent. Elles sont pas aussi embarrassantes que celles d’une autre série dont j’ai eu le malheur d’analyser.

Je me sens désormais partagée pour conclure cette critique. D’un côté, si on ne prend pas l’aspect Digimon en compte, c’est un excellent film. Néanmoins, dès l’instant où on essaie de l’intégrer à la série, on bute et il se transforme en mauvais film. Par conséquent, on va dire que ce sixième film est un bon mauvais film.

note : 5/10

VII.   Ornismon, la renaissance des anciens digimon :

Nous allons à présent passer à la critique du septième film qui a été pour moi le premier film Digimon que j’ai regardé de ma vie et la manière dont j’ai découvert Frontier. Je ne l’avais pas revu depuis un long moment mais il m’en était resté un souvenir très agréable. Mais est-il réellement si bon ?

image002En premier lieu, de tous les films que nous avons pu voir ensemble depuis le début de ce dossier, ce film possède un gros point d’originalité. Son action se déroule au Digital World. Même si en rapport avec Frontier, une saison qui ne se déroule jamais au monde réel, exception faite pour le dernier épisode, c’était un peu le passage obligé. Néanmoins, à force de revoir les films, je commençais à me dire que le monde réel avait visiblement une sorte de malédiction dans chaque film Digimon pour être constamment assailli par les pires catastrophes. Par conséquent, je trouve rafraichissant que l’on traite enfin le Digital World dans un film.

De ce premier avantage en nait un second : le film est intemporel. A l’exception des vêtements des personnages qui donnent un léger indice, l’action pourrait se dérouler à n’importe quelle époque et les protagonistes venir de n’importe quel pays. Le thème, celui de la guerre, est universel. Alors que les autres films sont clairement datés et on peut voir qu’ils se déroulent dans la fin des années 90 et début des années 2000, ici, rien ne peut le dire. Le sujet de la guerre, des violences, des haines… Tout ceci est malheureusement quelque chose qui existe depuis l’aube de l’humanité et qui, sauf grosse évolution du genre humain, existera toujours. Malheureusement. Cela permet ainsi à ce film d’être toujours d’actualité. D’ailleurs, faites l’essai d’expliquer les différentes guerres que le monde a connu depuis le début du XX siècle et vous verrez que toutes peuvent s’adapter au film. Personnellement, au vu de la date de sortie du film, en 2002, le choix du thème de ce film n’est sans doute pas tout à fait innocent. Rappelons également à cette époque que le Japon s’était engagé derrière les États-Unis dans la guerre en Irak. De cette façon, je pense que nous pouvons éventuellement lire une critique socio-politique de notre époque au travers du film.

Le thème de la guerre, de la violence et de la haine mais surtout de l’absurdité qui en découle est magistralement bien dépeint et démontré. On ne nous dit pas que se battre est stupide mais on nous laisse le voir. Pour cela, toute la bataille que l’on découvre vers la fin du film est absolument parfaite. L’amitié entre Kotemon et Bearmon, de deux camps différents, est déchirante et on assiste à travers cette relation à cette douleur lancinante qu’est de devoir choisir un camp surtout quand aucun des deux n’est réellement bon. Chacun a sa propre opinion et refuse d’entendre celle de l’autre. L’amitié des enfants, la source même de l’innocence, transparait comme un véritable message d’espoir.

D’ailleurs, sur une note plus personnelle, je pensais maitriser le film et les émotions que celui-ci génère. En fait, je me suis bien plantée ! J’ai encore pleuré aux moments les plus difficiles. Je n’évoque même pas la scène où Kotemon est tué… C’est comme la mère de Bambi, si on ne pleure pas à ce moment-là, eh bien, c’est impossible ! Moi, je veux parler des scènes qui précèdent les évolutions simultanées de Takuya et Kôji. Normalement, les évolutions, on les connait par cœur et on s’en fiche un peu, non ? Eh bien, dans ce film, celles de Takuya et Kôji sont hyper bien exploitées et m’ont arraché des larmes à chaque fois que j’ai dû visionner le film pour les besoins du site. Je pense que ce film est si puissant que je resterai probablement toujours aussi émue peu importe le nombre de fois que je le regarderai.

L’intrigue du film est correctement racontée et s’installe lentement mais sûrement. Tous les héros sont très bien utilisés et développés. Pour moi, Tomoki, Junpei et Izumi sont même mieux utilisés dans ce film que dans la série. Tous ont un rôle indispensable à jouer. Le méchant se révèle insoupçonnable même si la déduction est plus que logique.

D’ailleurs, lors des films précédents, j’ai critiqué le fait que beaucoup avaient été sorti en début de saison et ne donnait ainsi pas assez de matière pour bien les développer. Ce film-ci est sorti le 20 Juillet entre les épisodes douze et treize. Le timing est juste parfait. Takuya et Kôji ont chacun leur Spirit Animal et le contrôlent tandis que Bokomon n’a toujours pas de digitama à sa ceinture. Bref, tout a été pensé ici afin de concevoir un film sans aucun défaut.

Je ne vais pas approfondir davantage : ce film est parfait. Même cette durée de quarante minutes est juste ce qu’il faut. Assez pour tout traiter et pas trop pour ne pas créer de simples scènes de remplissage. Par conséquent, considérons ce film comme un l’un des meilleurs crûs.

note : 10/10

VIII.  Digital Monsters X-évolution :

Le huitième film est à considérer comme un OVNI à travers tout ce que la licence Digimon a pu produire. Il n’existe rien qui 08_Digimon_X-Evolutionsoit comparable à ce film. Je l’ai vu pour la première fois à dix-sept ans et je ne l’ai pas du tout aimé. Pour être honnête, il m’angoissait. Ce film transpire l’angoisse. Rien que la première scène, où Dorumon est pourchassé dans une ambiance franchement glauque, ou la manière dont sont amenés les flashbacks est dérangeante. Pourtant, le film est exceptionnellement bon et n’est à aucun moment manichéen. Ne vous attendez pas à voir de gentils héros plein de bons sentiments ! Cela n’existe pas dans ce film. Il y a certes des personnages avec d’excellentes motivations, en fait tous en ont et elles sont compréhensibles, mais leur façon de les réaliser n’est pas ce qu’on s’attendrait pour les personnages d’un film Digimon. D’ailleurs, la morale de Digimon est de compter sur ses amis et de se soutenir les uns et les autres, non ? Eh bien, dans ce film, rien de tout cela non plus. Les protagonistes sont désespérément seuls avec eux-mêmes tout en ayant parfois des alliés. C’est une notion assez ambiguë, que je peine à vous retranscrire, mais cela demeure parfaitement réaliste.

Pour ma part, je considère que ce film n’est en aucun cas pour des enfants. De toute façon, on ne peut traiter un sujet comme un génocide, n’ayons pas peur des mots, et espérer qu’un enfant le comprenne. C’est impossible. Moi-même, j’ai mis des années à accepter, comprendre et apprécier ce film. Il me dérange et suscite toujours de l’angoisse en moi mais j’ai appris à le surmonter et voir au-delà de l’apparence. Il s’agit donc d’un film destiné à des adultes ou au moins des personnes assez mûres pour appréhender correctement les notions abordées dans ce film.

Le film est sorti trois ans après le septième film et un an avant le début de la diffusion de Savers. Je pense que nous obtenons ici une nouvelle preuve du génie du marketing de la Toei. D’abord, ils relancent Digimon dans l’esprit des gens après presque trois ans d’absence. Ensuite, ils ont essayé de voir jusqu’où on pouvait aller dans le traitement de thèmes matures. Rappelons que le génocide et les problèmes de loyauté propre aux Royal Knights a été abordé aussi dans Savers mais de façon plus allégé que dans ce film.

Au niveau du film en lui-même, nous avons à ce jour grâce à lui l’unique long-métrage s’étalant sur une durée de plus d’une heure. Toutes les scènes sont efficaces et percutantes. Elles illustrent les horreurs et le chaos des batailles. A ce sujet, je reviens sur mon expérience d’avoir essayé de le résumer et chaque bataille est un tel charivari que cela a été une tâche complexe à la restituer par écrit. Mais cela démontre le réalisme du film. Une bataille, dans la vie réelle, n’est pas quelque chose de beau, de bien orchestré et de rangé. C’est juste un foutoir monumental où on s’attaque de tous côtés. Le film retranscrit à merveille cette ambiance chaotique. Les personnages sont nombreux et tous très bien développés.

Autre plus dans l’originalité : ce film, comme le précédent, se déroule au Digital World mais surtout à aucun moment n’utilise de personnages humains. Également, son graphisme en 3D, qui surprend de prime abord, est à couper le souffle.

Un film qui paraît bien excentrique mais qui casse complètement les codes de tout ce qui a fait jusque là Digimon. Un film qui demande un effort de compréhension et mérite que l’on s’intéresse à lui. Un film tout simplement exceptionnel et qui, objectivement parlant, est très probablement le meilleur jamais produit.

note : 10/10

IX.   Le pouvoir Ultime ! Activation du mode Burst ! :

Le neuvième film est sorti au cours de la diffusion de la cinquième saison, plus précisément en Décembre 2006, et c’est la raison la plus probable pour laquelle il n’a pas pu fonctionner.Digimon Movie 09

En Décembre 2006, pour vous remémorer le contexte, c’était le passage où Kurata réveillait Belphemon. La tension était énorme et les fans attendaient chaque épisode avec impatience. Pour ma part, je bouillais tant que je dormais très peu le Dimanche. Pour l’anecdote, je me couchais tard afin d’avoir la raw qui venait juste de sortir, après avoir vérifié toute la journée, puis je sommeillais un bref moment puis je me réveillais entre deux et trois heures pour regarder deux fois l’épisode. Je tiens à préciser qu’à ce moment des faits, je travaillais le lendemain. Autant dire que le Lundi était alors une très mauvaise journée !

Bref, vous avez saisi à quel point les fans piaffaient d’impatience et qu’un film Savers représentait la meilleure chose qui soit. Comme quoi on s’est plantés…

Le 9 Décembre 2006, la série venait de diffuser l’épisode trente-quatre où Tohma avait apparemment passé dans le camp ennemi et Masaru avait provoqué une mauvaise évolution à Shinegreymon. Croyiez-vous que le film en tienne compte ?

Non.

Le film ne tient absolument pas compte de la série. A aucun moment.

D’accord, Argomon a plongé les humains dans un sommeil éternel et  seuls les digimon restent en état de lutter.  L’idée est plus qu’intéressante et peut donner naissance à un très bon film. Sauf que ce ne sera pas le cas. Le film a choisi de se centrer uniquement sur Agumon, Gaomon et Raramon comme les seuls espoirs pour l’humanité. Dès les premières minutes, ce postulat fait voler en éclats tout lien entre le film et la série. Rappelons ceci : le DATS est une organisation mondiale et présente dans tous les pays. Satsuma n’est que le taishou de l’antenne japonaise. Par conséquent, si nous partons du principe que notre monde compte entre 180 et 190 pays, combien cela peut-il faire de membres du DATS ? A présent, songeons que tous ces membres ont un partenaires digimon. Ces digimon auraient pu être appelés par Gaomon et Raramon pour les aider et constitués ainsi une véritable armée, facilitant leur combat contre leur ennemi. Et voilà ! Tout le scénario se casse ainsi la figure dès la première minute du film !

Personnellement, j’adorais l’idée que les digimon soient ainsi séparés de leurs partenaires humains et soient obligés de combattre seuls. Mais rien n’a été exploité. En plus, Agumon a perdu sa personnalité. Lui qui fonce toujours sans se poser de questions et se relève à chaque échec se lamente que Masaru ne soit plus là. Sa véritable personnalité voudrait qu’il se précipite et tente de le sauver par tous les moyens. Je mentionne aussi le combat et la fuite avec les Goburimon qui m’a horripilé. Je vous rappelle que Raramon possède une attaque qui peut endormir ses ennemis. Cela n’aurait-il pas été plus intelligent et plus simple à utiliser ?

Par ailleurs, Gaomon et Raramon, même s’ils ne sont pas inutiles, ne servent à rien dans ce film sauf de faire-valoir à Agumon. En même temps, comment pourrait-on les développer davantage alors que ce film ne dure qu’une vingtaine de minutes ? Vingt minutes pour raconter une histoire aussi dense ? C’est impossible. Les vingt minutes du tout premier film fonctionnent car les héros sont très jeunes et l’action aurait fini par tourner en rond si on l’avait étiré davantage. Ici, l’histoire et les personnages sont beaucoup plus riches. Ils méritent donc un meilleur traitement et donc une durée plus longue.

Puis-je évoquer le personnage de Rizumu ? En fait, non. Il n’y a rien à en dire. Elle a été crée spécialement pour ce film mais ne sert à rien. Elle donne des informations sur Argomon ? Bah, Agumon et ses amis auraient pu les trouver autrement. On ne sait rien de Rizumu, ce qu’elle fait, son lien avec Argomon… Elle est totalement inutile ! Néanmoins, je lui concède que sa relation avec Agumon est mignonne.

Le final à présent ? C’est juste le pire Deux Ex Machina que j’ai pu voir de ma vie entière. Même ceux de Hunters, qui m’ont déjà sacrément frustré, ne m’ont pas autant énervé et gêné. Sérieusement, Masaru se réveille pile au moment et assomme le méchant ? C’est juste du grand n’importe quoi ! Également, quand Rizumu repart au Digital World, seul Masaru et les trois digimon sont présents. Ils auraient pu faire l’effort de placer le casting de la série sur cette dernière image. Autrement, cela tend à laisser penser au spectateur que Masaru est le seul humain qui reste au monde.

Le film six a été un mauvais film en faisant des entorses à la série mais a su raconter une histoire agréable. Le film trois a été assez désastreux mais il n’a cessé de faire des efforts pour tenter de faire quelque chose de bien. Son intrigue partait sur une histoire intéressante mais qui n’a pas su être exploitée à sa juste valeur. Ici, le film neuf n’a rien pour être défendu. Absolument rien. Ce film est un échec du début à la fin. Pour moi, qui suis une ardente défenseuse de Savers, cela m’écorche vraiment à devoir reconnaître qu’une aussi bonne série a engendré un film aussi catastrophique.

note : 1/10

X.   Danger imminent au Digital World :

Le dixième film, comme le onzième, est sorti dans le cadre d’un festival organisé par la Toei Animation en Octobre 2009, et Digimon_Movie_10 s’apparente davantage à un court-métrage qu’à un véritable film. D’ailleurs, sur ce points, je précise que pour ces deux derniers films, je ne donnerai plus de notes. Elle ne réfleterait rien puisque ce serait les mettre à égalité avec les films précédents qui racontent une longue histoire. Sur ces deux courts-métrages, on est plus devant un OAV sympa mais sans grand prétention. 

Ceci étant dit, passons à la critique :

Mettant en scène les trois principaux digimon de Savers, à savoir Agumon, Raramon et Gaomon, nous avons le droit à un divertissement qui se veut avant tout bon enfant. Tout ce que le film souhaite être, c’est de faire sourire son spectateur et de l’amuser. Est-ce que cela fonctionne ? Sans aucun souci. Les situations cocasses ne cessent de se multiplier et elles font toutes rire. Mon petit conseil : lancez-le après une mauvaise journée ? Voir les bêtises d’Agumon ne peut que chasser vos idées noires !

L’animation est cependant très différente de celles des autres films. Totalement en 3D mais dans un style beaucoup moins sombre que celui utilisé pour le film huit. Les couleurs sont pleines de vie et lumière, illustrant le caractère bon enfant de ce film.

Aussi inattendu qu’il puisse être, ce film demeure bien orchestré et divertissant. Je ne saurai que trop de vous conseiller de le découvrir pour vous faire un avis.

XI.     Le grand prix Digimon :

Digimon_Movie_11Avant d’entamer la critique de ce onzième et dernier film, je vais redire une chose déjà évoquée un peu plus haut : le service marketing de la Toei compte des génies. Pourquoi je dis cela ? Parce que tout le temps que j’ai regardé le film, je n’ai pensé qu’à une chose : « Je veux jouer à Digimon Racing ». Pour ceux qui l’ignorent, Digimon Racing est un jeu de karts sorti en 2004 où on utilise les digimon des quatre premières saisons. Véritablement, ce film est une publicité pour le jeu.

Je vous le répète : des génies !

Le film en lui-même est assez semblable à l’esprit du précédent. L’intrigue est simple : les douze digimon des deux premières saisons et Picodevimon participent à une course de voitures de courses au cours de laquelle tous les coups sont permis. J’ai adoré ce film. Il est à la fois amusant et terriblement excitant. Je me suis même surprise à souhaiter que Picodevimon remporte la victoire. D’ailleurs, j’ai trouvé la fin beaucoup trop facile et même décevante. Le pauvre Picodevimon m’a fait de la peine : tout le long, il fait des efforts, travaille dur, même si c’est malhonnête mais vu qu’on ne le sanctionne alors c’est que cela semble permis, et est sûr le point de gagner mais sa victoire lui est arrachée de manière totalement aléatoire. Je serais presque tentée d’accuser Agumon de triche vu la façon dont il arrive sur la ligne d’arrivée.

En résumé, je vous recommande chaudement ce film qui vous fera passer un excellent et agréable moment. Comme pour le précédent, lancez-le après une mauvaise journée, elle sera vite oubliée !

En mettant de côté les deux derniers films, qui sont davantage à rapprocher d’OAVs, et le neuvième film, qui est un pur désastre commercial, ce dossier démontre incontestablement que les films Digimon sont tous d’une qualité exceptionnelle qui ravissent nos pupilles. Contrairement à de nombreuses autres licences qui sont souvent frivoles de changer leur recette de fabrication, Digimon n’a jamais eu peur d’oser l’originalité. Chacun de ces onze films est différent et aucun ne ressemble à un autre. Tous possèdent leur charme et leur attrait. C’est pourquoi les débats entre fans quand on en vient à parler du meilleur film ou de son film favori peuvent assez vite s’enfiévrer. Chacun, en fonction de son ressenti et de ses expériences, n’aura jamais la même vision que son voisin. Quelques uns ont essuyé un gros échec, pensons notamment au troisième film, mais on ne peut pourtant retirer que tous essaient à chaque fois de réaliser au maximum de leurs capacités quelque chose d’intéressant.

A présent, fort de constater que les films Digimon ont toujours d’une incroyable qualité, il ne nous  reste qu’à souhaiter que les prochain, ceux de Tri, seront d’une factures similaire.

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